09 décembre 2013

Exsonvaldes - L'Aérotrain (2013)

 

 

Au départ il y a Exsonvaldes à la sonorité breakingbadienne, et puis au final il y a "L'aérotrain" à la sonorité starshiptrooperienne.

 

Derrière ce nom inspiré d'un pétrolier américain responsable d'une marée noire en 1989 en Alaska, il y a un groupe français qui bourlingue depuis une grosse dizaine d'années.

Très populaire et suivi à l'étranger, notamment en Espagne, Exsonvaldes dédie une chanson sur son dernier album "Lights" à l'aérotrain, concept inachevé de transport en commun futuriste de la France des trente glorieuses.

Une balade éléctro-rock rythmée, planante sur fond de recherche d'évasion et de liberté propre aux chansons consacrées au rail, mono pour l'occasion.

Le Clip, aux couleurs seventies, nous fait replonger dans le contexte d'optimisme technologique que suscitait l'avénement de l'an 2000 et la croyance que le monde se sauverait par son progrès.

On y voit les membres d'Exsonvaldes (ils sont quatre), fondus dans la masse populaire, à la fois scotchée et méfiante devant tant de modernisme mais baignant en même temps dans une euphorie d'essor des moyens de transports rapides.

Il faut dire que nous sommes environ 5ans après Apollo 11, qui a vu le premier pas d'Armstrong sur la lune et en plein explosion de la micro-informatique jusqu'alors en balbutiement.

 

L'aérotrain était un moyen de transport monté sur coussin d'air, circulant à quelques millimètres du sol sur un mono-rail de béton.

Mis au point par l'ingénieur français Jean Bertin en 1965, après avoir crée puis breveté le système inédit à l'époque, le premier prototype circula en 1966 sur une voie expérimentale d'environ 7 kilomètres près de Gometz-la-Ville (Essonne).

Devant le succès rencontré, on décida de pousser plus loin l'expérimentation en construisant une ligne d'éssai de 18km de long, pratiquement parralèle à la ligne Paris - Orléans, montée sur d'énorme piliers de béton de près de 10 mètres de hauteur.

Rapidement, l'aérotrain impressiona, pour atteindre, en 1974, un record de vitesse de 430km/h, avec un confort salué par les premiers passagers venus l'essayer, et une voie toute traçée sur le chemin de la grande vitesse.

Le projet s'écroula pourtant presque aussi rapidement qu'il suscita l'enthousiasme. L'état reufusa finalement de financer la construction de la première ligne en banlieue parisienne et Jean Bertin, le père de l'aérotrain, décède en 1975 des suites d'un cancer.

On a beaucoup écrit, parlé et polémiqué sur les raisons du renoncement de l'état français à s'orienter vers l'aérotrain.

Soutenu par Georges Pompidou, le projet n'a jamais été validé par Valéry Giscard d'Estaing, président de la république, qui lui a préféré le chemin de fer pour develloper la grande vitesse.

Pour certains, Giscard d'Estaing, dont l'épouse descend d'une famille de constructeurs de locomotives, a protégé la SNCF, en y faisant une affaire personnelle.

Pour d'autres encore, l'aérotrain n'aurait pas susciter autant de créations d'emplois que l'industrie ferroviaire, la faute à une technologie finalement relativement simpliste (du béton, pas de roues ni éléctricité requise).

La SNCF, bousculée, fut priée d'embrayer peu après sur l'invention d'un train à grande vitesse, ce qui donna naissance au TGV.

 

Il ne reste aujourd'hui de l'aérotrain que des images impressionantes, un vaisseau du futur parcourant à toute allure la campagne française.

Et puis il y a cette voie, térrifiante, perchée à 10 mètres de hauteur dans la Beauce, au milieu des champs agricoles. Un ovni du paysage français.

Le protoptype qui a propulsé l'aérotrain à 430 km/h un jour de mars 1974 a été brulé dans un hangar en 1992. Depuis une foule de passionés tentent de réssuciter à leur manière la mémoire de ce projet fou aux images d'époques surréalistes.

Un mythe, un vrai.

 

Posté par Etienne Rosseti à 21:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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