09 mars 2012

Du progrés en aMende

Entrant dans la gare de Mende, je ne fît aucun effort, la porte s’ouvrit automatiquement.

Je n'avais pas de temps à perdre, le train était déjà à quai : un AGC.

Un Autorail à Grande Capacité de l’entreprise Bombardier, il faut bien le dire car les noms ne sont pas définitions. Dans ces engins on y est vite serré et la vitesse sur la section qui relie Mende à La Bastide équivaut à celle d’un cycliste a jeun dans la montée du Tourmalet.

 

Mende2

Bien que le train roule doucement, personne ici n’est pressé, on a depuis longtemps pris l’habitude de faire le voyage seulement pour le paysage.

Sur la ligne la signalisation des trains est simplifiée, leurs annonces sont faites par informatique. Rien de bien logique pour une ligne qui n’a jamais marché avec l’énergie électrique.

Dans les faits, cela limite aussi les conversations téléphoniques que pourrait avoir le chef de gare dans sa journée.

Pourtant entre deux trains et quelques billets, il aime bien pouvoir à ses collègues se confier, sur sa condition et l’avenir de son métier.

Source inlassable de discussions et d'inquiétudes pour les cheminots, la déshumanisation du chemin de fer, cachée sous les traits de la modernisation, a déjà en grande partie fait son œuvre et continue sa triste besogne.

Et c’est donc tout normalement qu’ici, du progrès l’on se méfie, en se disant qu’une suppression de poste peut commencer par le minimum : un peu d’informatique et une porte automatique.

 

Mais quand fin 2011 à la lecture du compte rendu des assisses du ferroviaire, il apparu l’interrogation de quelques puissants sur la nécessité de maintenir 11200 km de voies circulées par moins de 20 trains par jour. L'inquiétude fut plus importante, gagna aussi les voyageurs et d'une manière générale une grande partie du monde rural. Car en peu de mots, il s'affichait clairement une volonté d'en finir avec le chemin de fer, la décentralisation, le service public...

 

Voici maintenant qu'à la gare de Mende, il est ce triste paradoxe où tout vous invite à voyager, à commencer par une porte qui s'ouvre automatiquement, mais dont aucune assurance ne vous ait donné pour pouvoir revenir.

 

Conscient du dilemme qui m'était proposé, devant le train je fît demi-tour et sortit de la gare en la contournant, sans passer par cette fichue porte.

 

Et je partit dépité en me posant cette question, aujourd'hui sans réponse :

 

Est-ce que la meilleure façon de défendre un chemin de fer de service de public est de ne pas payer le train ou de refuser de le prendre ?

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Posté par Myltiad à 17:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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