29 avril 2010

Beaucaire : Lettre ouverte à Monsieur le Président

Beaucaire_2009

(Beaucaire décembre 2009, la direction Tarascon est à gauche)

 

                                                      Beaucaire, le 29 avril 2010.                                          

Monsieur le Président de la SNCF,

 

Je me permets de vous écrire cette lettre car si je ne suis pas votre fille, vous êtes au moins mon tuteur légal et il me paraît logique que nous communiquions.

Loin de vouloir faire mon indélicate, je dois vous dire que, de part votre faute, ma situation sociale est devenue très précaire. Ce constat alarmant m’oblige à faire la comparaison avec ma cousine, la gare de Tarascon.

Il fût un temps où Beaucaire comptait deux gares, aujourd’hui je suis toute seule et mon activité se limite à un arrêt par jour, somme toute symbolique puisque les voyageurs sont inexistants.

Je ne vous décrirai pas ma façade, la photo parle d’elle-même. Les quais, quant à eux, sont dans un état lamentable.

Tarascon, par contre, est une gare importante avec ses guichets, ses vendeurs, son chef de service et bénéficie de nombreux arrêts journaliers.

Et je ne veux pas évoquer l’entretien régulier qui y est effectué.

Alors pourquoi une telle différence de traitement ?

S’il est vrai que l’aura  culturelle de Beaucaire est depuis longtemps en retrait sur sa voisine, la faute au roman d’Alphonse Daudet et un déficit de monument médiévaux, ma ville a par contre depuis longtemps l’avantage sur divers plans sociaux que sont l’industrie, le chômage et la démographie.

Et pour l’anecdote, Beaucaire a gagné 5000 habitants en moins de cinquante ans, pour atteindre aujourd’hui un chiffre supérieur à 15000. Pourtant, ma condition n’a jamais cessé de se dégrader.

Bien que comprenant qu’il y ait chez vous l’idée de rationaliser les arrêts à une seule rive du Rhône  (Tarascon) pour des raisons de soi-disantes économies de temps et de personnel, j’en appelle à votre bon sens.

En supprimant les arrêts vous favorisez la voiture.

Je crois savoir que l’arrêt d’un train coûte environ 100 euros. Il me semble de ce fait bien moins onéreux d’effectuer quelques arrêts en plus, que de laisser une gare à l’abandon.

Je vous demande donc en vertu de ces éléments de bien vouloir réévaluer ma condition, pour le profit de tous.

 

En vous remerciant par avance de votre engagement en tant que Président de la SNCF, mais surtout de citoyen, veuillez croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma considération distinguée.

 

                                                          La Gare de Beaucaire.

 

tarascon

 ( Tarascon, bureau du chef de service, la direction Beaucaire est à droite)

Posté par Myltiad à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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